Une journĂ©e chez les Pousses Poussent đŸ„•

Il y a quelques semaines, notre collĂšgue Mathilde a eu l’opportunitĂ© de passer une journĂ©e avec nos maraichĂšres Les Pousses Poussent, Ă  Sainte-Walburge. Elle nous partage ici ses apprentissages.

FĂ©licie et Emmanuelle cultivent des lĂ©gumes bio Ă  Sainte-Walburge, sur les hauteurs de LiĂšge. Elles vendent une partie de leur production directement aux habitant·es du quartier, via un systĂšme d’autocueillette, et rĂ©servent l’autre partie pour nos magasins.

Elles fournissent principalement notre magasin de Sainte-Walburge, situĂ© Ă  moins de deux kilomĂštres de leur terrain. Quand elle n’est pas au champ, Emmanuelle travaille d’ailleurs avec nous dans ce magasin.

Une journée sur la parcelle

Lors de cette journĂ©e passĂ©e sur leur parcelle, j’ai eu l’occasion de dĂ©couvrir plusieurs facettes de leur mĂ©tier : plantation, dĂ©sherbage, organisation…

J’ai commencĂ© par repiquer des plants de pourpier. Cette activitĂ© m’a fait prendre conscience de la fragilitĂ© de certaines cultures. La plantation en elle-mĂȘme demande dĂ©jĂ  beaucoup d’attention, et par la suite, FĂ©licie et Emmanuelle devront rester vigilantes face aux alĂ©as climatiques, aux nuisibles, aux maladies, etc.

Mettre un plant en terre ne suffit pas : tout un travail de suivi et de soin l’accompagne.

L’aprĂšs-midi, je me suis attaquĂ©e au dĂ©sherbage d’une planche de carottes, un travail long et Ă©nergivore. Je me suis rendue compte que sur un terrain de maraĂźchage, il y a toujours mille choses Ă  faire. Il faut bien connaĂźtre ses cultures et son sol pour identifier les tĂąches prioritaires, et savoir gĂ©rer son temps pour rester rentable. On ne peut pas passer ses journĂ©es Ă  retirer chaque brin d’herbe.

Passer cette journĂ©e les mains dans la terre a renforcĂ© mon respect pour celles et ceux qui, chaque jour, travaillent pour nous nourrir, tout en respectant la terre. Je suis d’autant plus fiĂšre de vendre leurs produits et de mettre leur travail en valeur dans nos magasins.

Interview de Félicie

1. Quelle est ton histoire ? Qu’est-ce qui t’a amenĂ© Ă  faire ce mĂ©tier ? Qu’est-ce qui te passionne ?

J’y ai pris goĂ»t toute petite, dans le jardin avec mon grand-pĂšre !

Si je me suis tournĂ©e vers ce mĂ©tier, c’est tout d’abord pour le plaisir d’ĂȘtre dehors, proche de la nature, mais aussi pour l’expĂ©rience humaine qu’il permet : vivre plus en autonomie, crĂ©er du lien dans le quartier, et donner accĂšs Ă  une alimentation de qualitĂ©.

2. Etes-vous passĂ©es en bio ? Quelles sont les Ă©tapes et difficultĂ©s de la conversion ?

Oui, on est passĂ© en bio. Mais ça n’a pas Ă©tĂ© compliquĂ©, parce qu’on travaillait dĂ©jĂ  selon les principes du bio depuis le dĂ©but! Il a fallu faire un peu d’administratif et passer le fameux contrĂŽle, mais ça reste assez anecdotique.
Ce qui nous intĂ©resse maintenant, c’est d’aller plus loin que le label, de pousser encore davantage notre dĂ©marche Ă©cologique!
Cela dit, le fait d’ĂȘtre officiellement labellisĂ©es bio reste important, ne serait-ce que pour les statistiques. Ça permet de faire masse, de montrer qu’on existe, et de ne plus ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme du maraĂźchage conventionnel.

3. En quoi Les Petits Producteurs a-t-il changé ton rapport au travail ? Y a-t-il eu des améliorations depuis?

C’est une super collaboration, c’est chouette de faire partie d’un mĂȘme Ă©cosystĂšme humain, de nourrir le quartier.

D’autant plus pour Emmanuelle qui travaille un jour par semaine dans le magasin de Sainte-Walburge. Ça lui permet d’avoir un revenu plus stable, tout en recrĂ©ant un lien entre les client·es et les maraĂźchĂšr·es.

4. Si tu avais une baguette magique, que changerais-tu ?

ArrĂȘter l’instrumentalisation de l’agriculture au profit du capitalisme.

Ce projet a Ă©tĂ© indirectement financĂ© par le Single Market Programme de l’Union EuropĂ©enne, par le projet GRAINS (GA N. 101127575).