D’où viennent nos tomates ? Réflexion sur la saison belge

“Pourquoi les tomates, courgettes et poivrons viennent-ils d’Italie et d’Espagne? Pourquoi ne pas attendre qu’il y en ait chez les producteurs belges? Comme vous le faites pour les pommes, par exemple.”

Interrogés par une cliente sur l’origine de nos produits, nous avons jugé utile de vous partager notre réflexion.

Si nous respections scrupuleusement la saison belge, nous ne vendrions des tomates que 2 à 3 mois de l’année (alors que la période des pommes couvre 9 mois pour reprendre cet exemple) et l’offre en magasin serait très très faible (notamment en mars/avril) et pourrait mettre en difficulté la coopérative.

Nous avons donc fait le choix de proposer des tomates sur 8 à 9 mois (sauf en janvier, février, mars et mi-avril). Pour ce faire, nous importons des produits italiens et espagnols en direct, en regroupant nos commandes dans la même coopérative afin de remplir le camion et limiter l’impact environnemental du transport. Ces produits viennent toujours de petits producteurs qui sont l’équivalent au sud de nos producteurs locaux, ils travaillent selon les mêmes principes agro-écologiques (certifiés bio ou en conversion), le plus souvent dans une ferme familiale de taille humaine.

L’origine de chaque produit est clairement identifiable en magasin sur l’ardoise du prix. Le nom que vous trouverez sur celle-ci se rapporte à une affiche qui présente le producteur et pourquoi nous travaillons avec lui ou elle. Vous avez un doute, une question? N’hésitez pas à la poser à notre équipe, elle est là pour vous renseigner.

Ainsi, les produits siciliens viennent de la coopérative Valdibella, que notre gérant est allé rencontrer fin mai 2018 sur le terrain (lire son reportage). Leurs producteurs sont confrontés à un vrai combat contre l’agro-industrie qui veut s’emparer des terres pour cultiver de façon industrielle et sont notamment engagés contre le racket de la mafia en adhérant au label Addiopizzo. Acheter chez eux, c’est soutenir une agriculture biologique et engagée… même si on est bien conscients que ce serait “mieux” d’acheter tout en local.

Les produits espagnols viennent de la coopérative Guadalhorce, qui regroupe une trentaine de petits producteurs (1-3ha) de la région de Malaga qui travaillent à contre-pied de l’agriculture intensive espagnol tristement connue.

Ainsi, on se rend compte que nos petits producteurs du sud sont complémentaires et permettent de soutenir les producteurs liégeois en assurant le succès de LPP pendant les périodes moins propices aux légumes belges.

De plus, il est bien pire environnementalement d’acheter des produits belges de contre-saison (des tomates belges en mars cultivées en serre chauffée à l’énergie fossile) que des produits européens importés. En effet, d’après les conclusions d’un rapport de l’Association Nationale de Producteurs Fermiers ASBL pour Bruxelles Environnement (2009), l’impact écologique de fruits et légumes européens importés par camion est de 5 à 20 fois plus petit que celui de fruits et légumes hors-saison cultivés en Belgique en serre chauffée aux énergies fossiles. D’ailleurs, les tomates sont des plantes tropicales et poussent en Belgique uniquement sous serre.
De même pour les fruits, si nous respections la saison belge, il n’y aurait plus de fruits en magasins dès le mois de mars-avril et jusqu’aux premières fraises de mai. Deux mois sans fruits, c’est intenable, tout le monde mange des oranges ou des citrons.

Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous contacter ou nous interpeller en magasin, nous sommes là pour vous renseigner.

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