Cultive-t-on des cerises bio en Belgique?

Comme nous l’explique Pierre-Marie Laduron (arboriculteur bio à Warsage) dans cette vidéo, il est devenu très difficile de cultiver des fruits à noyaux (cerises notamment) en Belgique à cause d’insectes ravageurs venus d’Asie, tels que la Drosophila Suzukii.

Certains insecticides autorisés en agriculture biologique, comme le spinosad, permettent de s’en débarrasser mais déciment aussi d’autres insectes, comme les abeilles et les chenilles, qui permettent aux mésanges de nourrir leur nichée.
En utilisant ces produits, c’est tout l’équilibre de la biodiversité qui est menacé, essentiel dans les cultures pérennes.
Sans solution alternative actuellement, il est donc peu rentable de cultiver des cerises bio en Belgique à une échelle professionnelle.

Chez Les Petits Producteurs, nous avons donc décidé de travailler avec Paco Aceras, un petit producteur situé dans l’Extremadura, au sud-ouest de l’Espagne. Son association Tierra Sana récolte des cerises bio dans des conditions respectueuses des personnes et de l’environnement. Il a l’avantage de pouvoir commencer la récolte plus tôt qu’en Belgique, avant l’arrivée de ces insectes ravageurs, tout en mettant la biodiversité de son côté pour les contrer.

Découvrez l’histoire de Paco

Réflexion sur la saison des pommes de terre

La saison de la pomme de terre comprend deux périodes:

  • la saison des pommes de terre primeurs: plantées en mars, elles arrivent en magasin en juillet
  • la saison des pommes de terre de conservation (de septembre à avril): le reste des pommes de terre est récolté à l’automne puis conservé une saison entière.

Chez nos producteurs, vu la taille des exploitations, elles sont conservées dans des granges ou des caves. Vers avril, elles commencent à flétrir et ne sont plus vendables si on ne les écoule pas rapidement (ce qui est le cas avec notre appel à acheter des filets de Joël Ruth).
Chez d’autres producteurs, notamment les industriels bio des Pays-Bas, elles se vendent plus longtemps car gardées au frais dans des grandes chambres froides.
En agriculture conventionnelle, on en trouve encore plus tard parce qu’un produit chimique qui empêche la patate de germer est utilisé.

Du coup, en attendant les patates belges primeurs, nous importerons (pendant 2 mois) des pommes de terre étrangères (Espagne ou Italie, en fonction de la météo). Elles arriveront par camion avec d’autres produits que nous importons déjà de la même région (fruits surtout pour le moment), l’impact carbone au kg de produit est donc plus faible.
Ce n’est pas parce qu’elles viennent de plus loin que nous sommes moins attentifs au projet agricole: celles d’Italie sont cultivées par Alessandro Scibetta (petit producteur qui fait partie de la coopérative sicilienne Valdibella, engagée pour une agriculture durable et contre la mafia locale) et celles d’Espagne par Guadalhorce, coopérative espagnole qui regroupe une trentaine de petits producteurs dont les pratiques agricoles sont aux antipodes du “bio espagnol industriel” dont on entend souvent parler.

À la question “Pourquoi importer et ne pas vendre exclusivement des produits locaux ?“, nous répondons qu’importer des produits dont la saison est terminée en Belgique permet de soutenir les producteurs locaux en continuant d’approvisionner nos magasins et donc nourrir nos clients. Plus d’infos dans cet article avec l’exemple des tomates.

Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous contacter ou nous interpeller en magasin, nous sommes là pour vous renseigner.

Nos recettes avec des pommes de terre